A la rencontre de filles et fils d’immigré-e-s

Dans les communes de Champ sur Drac, Champagnier et Jarrie

Du 22 novembre au 5 décembre 2021

Les questions migratoires sont souvent ramenées à celle de l’immigration et posées en termes de flux, de droits, de finance, en oubliant souvent que, au-delà de ces chiffres et de ces textes, il y a des êtres humains, des personnes qui ont leurs propres histoires.
Ces rencontres ont précisément pour ambition de faire connaître au grand public ces histoires de vie en donnant la parole aux immigré-e-s aussi bien ceux et celles d’hier que d’aujourd’hui mais aussi à leurs descendant(e)s en privilégiant divers modes d’expression notamment artistiques autour de quelques créations théâtrales, musicales, littéraires, picturales, culinaires…

Ainsi, en invitant les habitant(e)s de l’agglomération Grenobloise à venir échanger autour de ces témoignages dans une ambiance conviviale et festive nous pensons qu’à partir des vécus de ces familles ou de leur mémoire pourront être interrogées les notions d’intégration, de déracinement, d’héritage et de transmission.
Ces rencontres visent également à favoriser cette prise de parole en organisant des ateliers de pratique (lecture à haute voix et théâtre) en direction des adultes et des adolescent(e)s dans chacune des villes ou villages partenaires à savoir : Champ-sur-Drac, Champagnier et Jarrie.

Ces rencontres sont initiées et organisées par le collectif ARIA 38 en collaboration avec le réseau Traces, “Un thème un livre un débat à Champagnier”, la MJC de Champagnier, Art Pop, le service culturel de Champ-sur-Drac, les médiathèques de Jarrie et Champsur-Drac et la bibliothèque de Champagniers.

En partenariat avec le CSC Malraux (Jarrie), Le chemin des mots (Champagnier), l’AFMD 38, AlterEgaux Isère, le musée Dauphinois, le jazz Club de Grenoble, Act’if Théâtre, les Corazon Singers, le collège de Jarrie et l’école de Champagnier.
Elles sont soutenues par les municipalités de Champs sur Drac, Champagnier, Jarrie, le SICCE, le département, La DILCRAH, et la CASDEN BP.

Merci enfin à Coline Picaud et à sa maison d’édition «Le Monde à l’envers» de nous avoir permis d’utiliser quelques extraits de sa dernière bande dessinée.

Attention, en fonction des normes sanitaires liées au COVID, ces événements pourront être reportés ou les horaires modifiées et les jauges ajustées.


LES ARTS TISSENT AUTOUR DE L’IMMIGRATION

Paroles de fils et filles d’immigrés d’hier et d’aujourd’hui

Les associations partenaires de ce projet recueillent la parole de quelques artistes et sportifs-ves fils et filles d’immigré-e-s ou concerné-e-s par ce thème ou par l’initiative que nous avons prise. Dites-nous, en une phrase, en quoi cette initiative vous paraît intéressante ou bien comment votre histoire d’enfant d’immigré a pu influencer votre pratique artistique ou votre créativité en nous transmettant une phrase. Sollicité-e-s, elle et ils nous ont écrit :

Robin Renucci


«Le 21e siècle est inévitablement le reflet du mélange de toutes les cultures, qui, au fil des temps, ont permis à chacun d’entre nous d’enrichir ses visions et convictions au service de la création culturelle dans son ensemble. La curiosité naît dans la diversité ».

Manu Katché


«Mon grand-père Abraham chantait dans les synagogues en Hongrie. Mes grands-parents paternels s’étaient rencontrés en chantant l’opérette à Budapest. Alors moi, né à Drancy, fils d’immigrés, petit fils de déportés, comment ne pas devenir artiste ? Avec l’envie de chanter la joie, la douleur, l’espoir, la famille et le besoin vital de fraternité ? Comment ne pas me sentir blessé, lorsque la peur ferme les cœurs et les frontières aux autres, ceux qui viennent d’ailleurs, à leur richesse, à leur histoire, à ce qu’ils peuvent nous apporter ? Comment ne pas avoir la main tendue ?».

Michel Jonasz

« La force de l’humanité est d’être le résultat de la diversité. L’oublier est s’appauvrir, se rétrécir, s’assécher l’âme et le cœur. Qu’on l’accepte ou le refuse, nos ancêtres nous accompagnent dans l’ombre et parfois même inconsciemment nous les faisons revivre, le sang qui coule dans nos veines est le résultat de rencontres entre ceux qui étaient sur place et ceux qui ont traversé des contrées entières pour nous apprendre d’autres chants ».

Ariane Ascaride


«Je suis noir, je suis musulman, je suis né à Paris dans le 14e arrondissement mais j’ai grandi en Alsace à Strasbourg dans une cité HLM, le Neuhof. Mes parents sont catholiques et ont pour pays d’origine le Congo / Brazzaville. Mes racines sont donc totalement africaines et mes fruits totalement européens. J’en ai conscience. J’en suis fier. Je suis entier, pas de schizophrénie en moi. Je m’auto-qualifie même de patriote français. J’ai pensé très tôt que cette histoire, mon histoire, pouvait faire poésie. C’est ainsi que j’ai décidé de poétiser effectivement mon existence en me faisant homme-pont, miroir d’humanité ou artiste, au choix. Je me prénomme Abd Al Malik».


«Je suis un mélange, une compilation, un amalgame du Maroc, de l’Algérie et de la Chine (puisque je suis né dans le treizième arrondissement à paris…) je suis le résultat de cette potion magique, tous ces ingrédients ont fait de moi un artiste fier de ses origines».

Élie Semoun


« Ressentir ce fou désir d’aventures, de découvertes et de créations, tel devrait être le viatique de l’exil ou de l’immigration. Défiant par ce souffle l’arrachement originel et son cortège de souffrances et de rejets. Devenir libre et riche de ces racines vibrantes. Participant ainsi à la construction d’un nouveau monde. Par delà les espaces et les mers ».

Bertrand Cervera